Finalement on retourne sur http://almost-famous.hautetfort.com/ parce que blogger j'aime pas...
Mais y aura quand même des notes sur New York. Mais pas que.
Je fais chier mais je fais ce que je veux sur mon blog. (après cette rebellitude post-adolescente, je me drape dans ma dignité et m'en vais finir le pot de haagen dazs)
mercredi 14 novembre 2007
Déménagement
mardi 13 novembre 2007
Vis ma vie de stagiaire dans l'événementiel...

Bon alors depuis le temps tu dois te demander ce que je fous à New York. Officiellement je bosse. Dans les relations publiques. Pour une boite qui organise des soirées. Là tu te dis wahou trop classe à moi la vie de rêve et de paillettes, le champagne en intraveineuse entre deux discussions avec mes potes Brad (Angelina n'a pas pu venir), Steven et Jude. Ou pas.
Y a toute la partie chiante de l'événementiel, qui consiste à faire de la prospection, du mailing et des recherches sur internet. C'est pas über-glamour quand même. Et puis y a des fois où tu vas assister à des soirées. Ca c'est mieux. Et le week-end dernier c'était le Queens Film Festival et bon tous les détails avaient déjà été réglés avant mon arrivée (on faisait la soirée d'ouverture et de clôture) donc je me suis pointée en touriste.
Bon alors pour résumer, j'ai bu (c'était open bar pour moi), j'ai discuté avec des gens, j'ai vu un défilé de mode, j'ai fait plein de fois l'aller-retour entre Manhattan et le Queens, j'ai bu, j'ai vu un film "edgy" auquel j'ai rien compris mais qui était très bien filmé, j'ai exploré une école primaire avec mon appareil photo, j'ai accompagné la deuxième assistante de la directrice du festival qui cherchait la première assistante de la directrice du festival, elle-même une fille qui s'était acharnée à me parler lors de la soirée d'ouverture avec son haleine de poney genre on aurait dit qu'elle avait bouffé un cimetière indien. Y a eu un type qui m'a chanté du Gainsbourg, un autre qui m'a sorti "Je n'ai jamais vu un truc aussi mal organisé en 35 ans de carrière" et je me suis contenté de hocher la tête en signe d'approbation, j'ai fait plusieurs lavages d'estomac au café latte starbucks, j'ai failli mourir de froid. Je me suis affalée sur des chaises, j'ai bu, je suis tombée malade en cherchant un taxi et j'ai passé mon dimanche à grelotter de fièvre tout en donnant un coup de main, j'ai vu des ados déguisés en indiens avec des plumes et des pantalons en peau de daim, j'ai bu, j'ai discuté avec d'autres gens, je ne savais pas qui était qui mais j'ai serré des mains, et j'ai même mis une main au cul de quelqu'un sans faire exprès et bonus c'était celui de la directrice du festival alors je suppose que j'ai pas perdu ma soirée.
Maintenant je suis malade comme un vieux chien crevé sur le bord de l'autoroute, et comme j'ai même pas la télé pour passer le temps je découvre plein de blogs en me goinfrant de fromage et de chocolat pour guérir. Oui bon je prends aussi des médicaments hein ! Faut pas croire. Mais ils sont pas bon alors je les fais passer avec des bonbons. Et des sandwichs pleins de mayonnaise. De toute façon pour guérir faut être à l'écoute de son corps. Et là mon corps réclame de la "Häagen Dazs Macadamia Nut Brittle". En urgence.
lundi 12 novembre 2007
Stuffs to do before dying #1
Sortir avec un réalisteur dont le film (un mélange de "Donnie Darko" et de "Ghost World" mâtiné d'influences lynchiennes) a été primé dans un festival de NY auquel je participais ?
Ca c'est fait...
lundi 5 novembre 2007
Au lecteur
Ce blog ne correspond pas vraiment à ce que j'avais en tête au départ. Ecrire plus souvent, plus exotique, plus anecdotique...
Mais je n'ai toujours pas d'appartement. Honnêtement ça me rend folle, parce que je suis obligée d'y investir toute mon energie et je ne profite même pas de mon séjour ici. Si je ne raconte rien dans ce blog, ce n'est pas par flemme, c'est juste qu'il ne se passe rien de "bloggable" dans ma vie. Ou plutôt si, les rencontres avec des roomates potentiels méritent une note à elles toutes seules mais comprenez que tant que je n'ai pas résolu ce problème, je n'ai pas envie d'en rire...
Certes je pourrais vous raconter New York en ce moment : les décorations d'Halloween ont fait place à celles de Noël, tout comme le froid hivernal a chassé l'été indien. Fini la lumière rasante sur les trottoirs de Manhattan, les feuilles mortes voltigeant dans la poussière ambrée. L'air est coupant, piquant les yeux et rougissant le nez dans la nuit précoce. Les lumières des néons égayent l'obscurité et l'intérieur des cafés semble chaud et accueillant.
Mais comme vous pouvez le constater, cela ressemble à une description impersonnelle et c'est ce que je veux éviter sur ce blog.
Alors excusez mon silence (trop) long entre deux notes, je vais essayer de vaincre ma torpeur pour vous écrire en attendant quelques notes plus "almost-famous" que "new-yorkaises"...
(et merci à ceux qui laissent des commentaires, et à ceux qui viennent fidèlement sur ce blog, ça permet de garder le moral dans la jungle de Manhattan...)
jeudi 1 novembre 2007
Trick or treat
Ambiance musicale : This is Halloween-OST "The nightmare before Christmas"
Je ne sais pas pour toi cher lecteur mais personnellement il suffit que l'on prononce devant moi le mot "halloween" pour que me reviennent en mémoire le souvenir de l'attente fébrile, la joie d'enfiler un costume et d'aller sonner aux portes pour réclamer des friandises, tout en prenant soin de cacher mon copain E.T sous un drap pour ne pas que ma mère s'en rende compte. C'est là que je me rends compte que c'est assez étrange comme souvenir, et qu'en y réfléchissant bien je n'ai en fait jamais fêté halloween.
Pas trop le temps de vous narrer mon expérience de la parade d'halloween, hé oui y en a qui bossent ici (ou font semblant) mais voici quelques impressions en vrac :
Rendez-vous avec Carter sur la 6th Avenue, je manque mourir écrasée par la foule dans le métro, coincée entre un gladiateur et un maton de pénitencier. Une demi-heure pour trouver un point de rencontre et forcément quand on arrive y a tellement de monde qu'on ne voit rien alors je dis à Carter que je vas m'approcher des barrières pour pouvoir prendre des photos et j'arrive à me faufiler et en me hissant sur la pointe des pieds, plus pivot latéral gauche et dévissage de cou, ô miracle je parviens à apercevoir un bout des jambes des gens qui défilent, là juste en bas à droite de mon champ de vision, si si je te jure je viens de voir passer des loups-garous, à moins que ce soit des squelettes. Ou peut-être des vampires. De toute façon ils portent tous des baskets alors... Je commence à comprendre qu'il faut se battre pour espérer profiter du spectacle donc je me mets en condition (je fais craquer mes doigts et rentre ma chemise dans mon jeans) et en enfonçant mon coude gauche dans une abrutie déguisée en sorcière et mon genou droit dans un papi déguisé en papi, je me colle contre une fille genre on pourrait faire l'amour tellement on est proche, elle-même collée à la barrière et ça y est j'y suis je suis trop forte quand même et je m'auto-congratule jusqu'à ce que je remarque un délicieux fumet de crottin hum tiens c'est bizarre y a pas de chevaux ici pourtant et en fait non c'est juste ma nouvelle siamoise qui sent le poney. Et là (tatadam !) la parade commence et les enfants c'était de la folie. Y avait des squelettes, des putes, des danseurs déguisés en ninjas, des putes, des zombies qui ont refait toute le chorégraphie de "Thriller" de Michael Jackson, des putes, Bush et des prisonniers de Guantanamo et des putes . Y avait des gens déguisés en poubelle, en dragon, en you tube (indescriptible), en spiderman et en cow-boys. Y avait une blonde en mini jupe en cuir qui traînait attachées à une corde deux poupées-nourrissons et qui proclamait qu'elle était déguisée en Britney Spears. Tous ces adultes qui sautaient dans tous les sens, qui s'éclataient parce que ce jour là dans l'année ils pouvaient se comporter comme des enfants à nouveau, c'était tellement joyeux que je ne pouvais m'empêcher de rire comme une débile. Enfin d'essayer de rire en apnée plus exactement, pour éviter de respirer les effluves de poney. Puis la parade s'est terminée et je me suis rendue compte que j'avais perdu Carter ("on est en train de le perdre ! Vite on fait NFS, chimie, iono, et on charge à 300 !") alors j'ai rejoint Croisine et nous avons fini la soirée au Pravda, le meilleur bar à vodka de la ville. C'est au moment de rentrer chez moi que je me suis souvenue des friandises que le doorman de mon immeuble m'avait donné et j'ai terminé le trajet à machouiller un twix à moitié fondu, coincée entre une sorcière et un Super Mario.
dimanche 28 octobre 2007
The night before Halloween
Ambiance musicale : New York City-Mason Jennings
Alors les jeunes on sait que Halloween c'est bientôt. Mais ici on fait Halloween en plusieurs fois et samedi soir y avait une soirée que Croisine elle m'a dit ben viens avec nous et moi vous me connaissez j'aime l'aventure alors j'ai dit "Ouiiiii !" et puis après elle m'a dit que c'était une soirée déguisée et là j'ai dit "euh... Oui...". Donc y a une semaine on a fait du repérage après le brunch dominical et avant la promenade dans Central Park oh que c'était beau on se serait crues dans une pub avec tous ces jeunes gens vêtus de polos Ralph Lauren riant sur la pelouse éclaboussée de soleil et s'ébattant avec leurs chiens tandis qu'au loin s'envolaient des oiseaux.
On est rentrées dans un magasin plein de costumes et là ça a été la grosse rigolade parce qu'on a vu des trucs sympa : y avait le déguisement d'oeuf au plat-bacon, celui de gynécologue, celui de gardien de prison et celui de Jésus-Christ. Pour dénicher un costume de fille c'était plus simple : y avait l'infirmière-pute, la cheerleader-pute, la nonne-pute, la marquise-pute, la diablesse-pute et enfin la pute-pute. Y avait pas un costume qui descendait plus bas que 10 cm au dessous du nombril et je ne te décris même pas le décolleté. Croisine et moi échangeons un regard ahuri et elle fronce les sourcils. "Mais pourquoi toutes les filles s'habillent en pute pour Halloween ?". "Pour avoir des bonbons ?" suggère-je d'un air pensif. Finalement Croisine s'est rabattue sur un costume de Tinkerbell (la fée clochette, pas le chihuahua de Paris Hilton), Rachel sur un truc de mondaine des années 20 et moi...ben je trouvais rien. Donc hier c'était un peu la panique dans ma tête pour savoir comment m'habiller et j'avais la solution de facilité qui était de mettre une jupe et de dire que j'étais déguisée en fille (oui parce que ceux qui ne me connaissent pas ne savent pas que je ne porte une jupe que si j'y suis forcée, genre choisir entre mettre une jupe et manger des brocolis... le reste du temps, c'est jeans et baskets merci bien), mais je me suis dit que les gens n'allaient pas saisir toute la subtilité du truc donc au final j'ai acheté des oreilles de chat et me suis fait des moustaches. Oui c'était minimaliste mais pour faire bonne mesure j'ai quand même mis la jupe (comme ça 2 déguisements en un hop je suis trop maligne moi) et là un détail est apparu, c'est que jupe et baskets c'est un peu moche quand même. Heureusement que j'avais prévu le coup et que j'avais une paire de chaussures noires genre ouvertes avec des strass et même des talons.
Donc me voilà partie, la démarche vacillante comme une vieille prostituée saoule qui rentre du bordel, parce que ce que tu ne sais pas toi le garçon qui me lit, c'est qu'au palmarès des tortures pour filles, marcher avec des talons hauts arrive en tête, juste après "s'épiler" et "avoir ses règles". Mais bon je suis une warrior, et je marche drapée dans ma dignité aussi chancelante que ma descente des escaliers du métro, pour rejoindre les filles à Columbus Circle, d'où nous nous acheminons vers un appartement d'un ami de Rachel, pour un petit before. On glousse en faisant des jeux de mots sur nos déguisements, et comment je vais pouvoir draguer les garçons en sortant que je suis "the fucking hot cat on the fucking thin roof". J'ai la plante des pieds chauffée à blanc et les ampoules se forment mais mince c'est Halloween qu'une fois par an quoi !
Arrivée chez le garçon, une vue à couper le souffle sur la skyline illuminée et c'est là que je me dis que ça valait le coup de venir dans cette ville malgré les côtés chiants de l'installation* et je me dis aussi que toute cette beauté ça donne envie de rester là comme une débile à fixer béatement la baie vitrée et c'est aussi là que je me dis que c'est bien beau la vue mais je crois avoir entendu le bruit caractéristique de l'ouverture d'une bouteille de vin alors je retourne m'assoir et attrape un verre. J'écoute les discussions en français-anglais-japonais en plongeant éhontement ma main dans le paquet de chips et celui de crunch (oui alors là tu dois te dire "Ouah trop forte la fille elle est trilingue c'est un génie !" mais en fait non je ne parle que 2 mots de japonais et pour l'anglais disons à l'instar d'un groupe sur facebook que "alcohol improves my foreign languages"...). Puis on se bouge pour aller à la soirée, un truc dans un loft immense (mais vraiment immense) dans le Queens, on saute dans des taxis (ma première balade en taxi new-yorkais youhou !) et on monte à 5 dans le taxi et le chauffeur nous sort en anglais que ce sera plus cher parce qu'il y a une personne en trop. On demande plus cher comment ? et il sort que ce sera le double et là Croisine sort en français un truc que la décence m'interdit de répéter mais qui signifie en gros "Si ce connard croit qu'on va payer le double il se fout de notre gueule !". J'opine de la tête et Rachel balance en anglais qu'on ne payera pas le double et nous reprenons notre conversation sauf que Croisine m'enfonce son coude dans la cote et je la regarde perplexe jusqu'à ce qu'elle me chuchote : "Tu entends ce que le chauffeur écoute comme radio ?". Je tends l'oreille et me rends compte qu'un flot d'informations en français émerge des haut-parleurs. Je me dis que c'est cool d'entendre les infos de la mère patrie et je me tourne vers Croisine pour la remercier mais en voyant son expression je me rends compte que ce n'est pas ça.Elle me fait signe de regarder la carte du chauffeur et y a marqué "Côte d'Ivoire" et c'est là que je comprends. Hum. Fuck. Croisine me chuchote en lançant des regards gênés vers le chauffeur "Tu crois qu'il m'a entendu quand je l'ai traité de connard tout à l'heure ?". Je dis non mais je pense oui alors pendant le reste du trajet je m'extasie sur cette balade si chouette dans ce taxi si chouette huhum histoire que le type soit moins énervé et ne nous fasse pas payer plus à l'arrivée.
Finalement on arrive et après une petite frayeur à l'entrée (je n'ai pas 21 ans et les filles craignaient que je ne puisse pas rentrer mais en fait tant que tu es déguisée et que tu payes ils s'en foutent), on arrive dans le loft, accueillies par une odeur de beu et c'est un peu l'antre de l'enfer tous ces gens serrés qui prennent d'assaut l'open-bar et j'ai un type déguisé en bonne soeur qui me souffle son haleine fétide au visage et une fille-vampire qui me casse deux ou trois côtes mais finalement je ressors avec des verres plein de je-ne-sais -pas-quoi mais c'est de l'alcool alors on boit. Après, les souvenirs sont un peu plus vagues, on danse, on se pose, on re danse, je discute avec un marin, un indien que j'appelle "Village People", un cow boy, le type en bonne soeur qui nous suit partout et un des garçon rencontré au before, que j'appelle Carter parce qu'il est déguisé en chirurgien (oui quand j'ai bu je donne un peu des surnoms aux gens et tu noteras l'originalité débordante). Finalement je décide de rentrer, il est déjà 4h30 alors je dis au revoir à Croisine (Rachel est déjà partie) et on décide de cloturer ces adieux par une visite commune aux toilettes. Et là je dis ERREUR. Parce que y a au moins 300 personnes qui sont passées au toilettes avant nous (y avait vraiment beaucoup de monde à cette soirée) et le sol c'est un peu une pataugeoire d'alcool, d'eau (Oh mon Dieu faites que ce ne soit que de l'eau) et de bouts de papier toilette. Et si tu te souviens bien, j'ai ce soir les chaussures de la mort qui tue qu'elles font trop mal mais surtout qu'elles sont toute ouvertes et qu'elles prennent l'eau. Raaaaaah ! Fuck. J'entends Croisine qui me sort de l'autre côté de la porte "Maud je ne peux pas faire pipi je n'y arriverai pas c'est tout bouché dans la cuvette !" et j'essaye de m'évader de mon corps pour ne plus penser que je suis toute déshydratée par la gueule de bois naissante tandis que mes pieds prennent un bain dans le marécage des toilettes où 20 personnes attendent qu'on libère la place. Je branche le pilote automatique, soutiens en rigolant à Croisine qu'elle va y arriver, vas-y tu peux le faire et je fais un grand sourire à Carter qui nous attends à la porte avec un air craintif tout en essayant de surfer sur la mare d'eau et éviter de m'étaler devant les zombies et autres loup-garous.. Finalement on sort, je cherche une station de métro dans ce foutu Queens mais y en a pas alors je monte dans un taxi avec Carter et il me dépose à une station dans l'East Side. Je descends les escaliers du métro d'une démarche encore plus chaloupée qu'au début de la soirée vu qu'entre temps mes ampoules ont éclaté et d'autres sont en train de se former sur le cadavre de celles qui les précédaient. Aïe. Fuck. Je m'assois sur les marches et attends le wagon sauveur. Il est 5 h du matin. J'attends. Longtemps. Finalement je décide de prendre un taxi. Le problème c'est que je n'ai plus de monnaie. Donc il faut que je trouve un distributeur d'argent. Puis un taxi. Je me traîne sur la 5th Avenue en pleurant de douleur. Connerie de chaussures de merde. Je rampe sur mes moignons, faisant un détour pour éviter Central Park (parce qu'il parait que Central Park la nuit, c'est le mal) et je marche.
Je me traine sur toute l'avenue en encourageant mes pieds sanglants à ne pas m'abandonner, et là, au moment où j'ai perdu tout espoir et me dis que je suis bonne pour marcher pieds nus sur 20 blocs pour rentrer chez moi, je le vois. Irisé par un halo de néons. N'attendant que moi. Un distributeur "Bank of America". Je retire fébrilement 60 euros, en essayant de ne pas penser à la commission prélevée, vu que je n'ai pas encore de carte bleue pour mon compte aux Etats-Unis donc je retire de mon compte en France, et j'arrête un taxi en utilisant la méthode toujours efficace du chancelement-presque-chute-sous-ses-roues. Les pieds un peu comme du steak haché mixé avec de l'eau boueuse, je me vautre dans les sièges et m'assoupis presque, jusqu'à ce que je sois réveillée de ma torpeur par un texto de Carter "jesper ke t bien rentré".
mercredi 24 octobre 2007
Straight to the bank

Pour te montrer qu'on ne se laisse pas aller sur ce blog, j'ai répondu à tous les commentaires que vous avez laissé et j'ai ajouté à chaque note une "ambiance musicale" (parce qu'avec blogger tu peux pas mettre de musique dans chaque note, c'est moisi) (et j'ai donc modifié les notes précédentes).
Ambiance musicale : Straight to the bank-50 cents
Sinon aujourd'hui je suis allée ouvrir un compte en banque (j'ai une vie über passionnante moi). Le problème c'est que je n'avais ni social security number, ni justificatif de domicile, bref c'était un peu la loose. En cherchant sur internet, je découvre qu'il y a une "Société Générale" (ma banque en France) à New York. Je m'y rends donc d'un pas allègre, et comme à chaque fois je marche, je marche, et puis toutes les banques sont sur la 6th av. (Avenue of the Americas) alors je remonte toute la rue jusqu'à trouver l'immeuble gigantesque censé abriter des firmes multinationales, clubs privés et restaurants. Et ma banque. Je rentre, à peine intimidée par le hall gigantesque et je me dirige vers le desk où une armée de filles en uniforme piaille au téléphone. Je demande où trouver les bureaux de la SG, une des filles relève la tête et là elle me dit de traverser le hall, prendre à droite puis tout droit puis monter et prendre à gauche puis tout droit et se diriger jusqu'au téléphone marqué "SG" et composer le 6000 et attendre qu'une standardiste décroche, pour pouvoir demander un rdv qui me permettrait de peut-être rencontrer un des responsables. Je la regarde d'un air ahuri, et elle me regarde en retour en fronçant les sourcils alors j'en déduis que je suis censée dégager et je pointe un doigt vers le hall en bafouillant "par là ?" et elle me répond vaguement d'un signe de la tête.
Bon je m'encourage dans ma tête, je peux y arriver c'est pas dur, alors j'inspire une grande bouffée d'air en prenant un regard résolu et j'y vais. Je suis les instructions et j'ai un peu l'impression d'être dans "Fort Boyard" mais sans une équipe d'abrutis ni Olivier Minne, ce qui n'est pas plus mal maintenant que j'y pense, et je me vois courir dans les couloirs et agripper la bouteille d'eau que tient ce jeune cadre dynamique que j'aperçois au loin et m'en asperger le visage tout en continuant ma course et là Passe-Partout qui surgit d'un couloir et essaie de me montrer que j'ai déjà 3 clés avec son geste ridicule de la main et je lui file un coup de pied vicieux et le piétine en hurlant "Dégage con de nain !" et je pique un sprint pour arriver au téléphone avant une vieille peau en tailleur qui chancelle sur ses escarpins. Mais en fait non, je marche d'un pas nonchalant et j'arrive finalement jusqu'au téléphone où je suis obligée de parler à deux standardistes avant qu'on puisse m'expliquer que la SG n'ouvre pas de comptes ici. Je demande si il y a des banques partenaires mais rien.
Mais tu me connais cher lecteur (ou tu devrais), ce n'est pas cet incident mineur qui va m'empêcher de vivre le rêve américain, alors je repars sur la 6th av. d'un pas allègre et je me rends dans la première banque qui me semble familière : HSBC. Je rentre, je demande à discuter avec une conseillère et je lui expose ma situation. Elle me dit qu'elle va voir ce qu'elle peut faire, et me demande ce que j'ai comme pièces d'identité (passeport, driver's license..). Je sors mon passeport, ma carte d'étudiante française et ma carte d'étudiante internationale en ajoutant que je n'ai pas le permis. Elle se met soudain à glapir qu'elle a froid. Surprise, je la fixe, les yeux écarquillés, le corps tendu, prête à m'échapper si elle devient démente ou je ne sais quoi. Elle va chercher un livre et revient s'assoir puis regarde à nouveau mes pièces d'identité. Elle prend ma carte d'étudiante (qui est bleue) et la compare avec la page montrant un permis de conduire français (donc rose). Je soupire. Elle lève les yeux et me sort "Ca ne ressemble pas à un papier français". Je soupire à nouveau et lui explique que ce n'est pas un permis de conduire puisque je n'ai pas de permis de conduire. Elle glapit à nouveau qu'elle a froid. Je la regarde d'un air suspicieux en me demandant si elle ne souffre pas du syndrome de tourette, genre elle va se mettre à éructer "pute !" et "salope !" dans les bureaux feutrés de HSBC mais en fait non. Elle examine à nouveau mes pièces et je sors tous les arguments qui pourraient m'aider à ouvrir ce foutu compte. Au moment où elle me demande pour la 3ème fois si je ne trouve pas qu'il fait froid ici, parce que elle, elle a froid, j'essaie de compatir avec des petits grognements de sympathie, bien que je n'en ai rien à foutre, en me disant qu'avec un peu de chance ça fera avancer mon dossier. Mais finalement elle m'annonce qu'il faut une lettre de mon employeur confirmant que je travaille bien ici et elle verra avec son manager. Je me lève, la remercie, prends rendez-vous pour le lendemain et me casse.
Dans la rue j'essaye de penser à tous ces immigrants qui ont fui les guerres et les famines en Europe et ont lutté pour survivre à NY et je me dis qu'ils ne se seraient pas laissé abattre par une conseillère d'HSBC donc je me traîne d'un pas vachement moins allègre sur cette foutue avenue et je vois une "City Bank" mais il faut faire le tour de l'immeuble pour entrer à l'intérieur et c'est soudain trop d'effort pour moi alors je parcours deux blocs et pousse la porte d'une autre banque. Une demi-heure plus tard, je ressors avec les papiers confirmant que je suis désormais une cliente de la JP Morgan Chase Bank. Je m'auto-congatule et pour me récompenser m'offre un hot-dog que je dévore en remontant vers Central Park et c'est la sortie des bureaux et il y a tous ces golden boys fringants avec leurs costumes à plusieurs millliers de dollars et y en a certains à qui on aurait juste envie d'arracher la chemise avec les dents et les violer sur place, mais je me contiens et m'engouffre dans le métro pour rentrer chez moi.
